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Un livre: « Flic ou Caillera » de Rachid Santaki

Depuis quelques temps, ma fréquence radio ne cesse de faire la promotion d’un roman policier « Flic ou Caillera » de Rachid Santaki. A part Mary Higgins Clark (« Un jour tu verras ») et Agatha Christie (« Les 10 petits nègres ») je n’ai pas toujours été attirée par les polars. Ceci dit il m’était donc impossible d’ignorer toute cette promo autour de ce bouquin et par curiosité je me suis, finalement, laissée tenter.

A la réception du livre, j’ai eu une petite appréhension, celle de ne pas accrocher et de ne pas le finir, or je déteste ne pas finir ce que j’ai commencé.
Ce livre je l’ai eu entre les mains hier à 17h et je ne l’ai plus quitté jusqu’à 3h du matin, une fois sa lecture finie…

L’auteur nous prend par la nuque et nous plaque violemment la tête dans l’univers du 93 et plus exactement à St Denis cité royale et nécropole des rois de France.
Un univers où les jeunes issus des cités-dortois ont le cerveau défoncé par le chit et le capitalisme. Là où la réussite sociale se rêve à coups de feu et coups de pression bercée sur les sons de Fifty Cent.
Un terrain où la montée en puissance des dealers et des caïds se fait sous l’œil bienveillant et parfois apeuré des ripoux, face aux regards impuissants des habitants des quartiers. Là où ces gosses adolescents, ces oubliés de la République à l’avenir incertain, sont débauchés avec pour promesse de l’argent facile pour « mettre bien les parents ».

Mehdi, l’un des personnage principaux, jeune graffeur, est un artiste rattrappé par la réalité, il porte sur ses épaules les responsabilités d’un chef de famille et paie les erreurs d’un frére incarcéré. Mehdi n’a qu’un but, quitter St Denis par le bon chemin mais la tentation beaucoup trop forte le guette et il le sait « soit Saint Denis te fume, soit tu la fumes ».

Il y a Najet, une jeune femme flic, pas si nette que ca mais pas ripoux, à la recherche de l’histoire de ses parents décédés, elle est le fruit d’une improbable rencontre entre un ancien flic respecté et d’une pute toxico. Saint Denis c’est son histoire et celle de ses parents.

Auteur du 93 surnommé le « Victor Hugo du ghetto » Rachid Santaki m’a réconcilié avec les polars. Un roman aux mots crus ponctués de rimes rythmés comme sur un Slam.

Ce livre je l’ai dévoré en l’espace de quelques heures. J’ai ri sur certains passages et pleuré sur d’autres. J’ai retrouvé et aimé côtoyer à travers ces pages un univers urbain où se mêlent Hip Hop, graffitis et Boxe Thaï.

Je ne voyais plus les lignes défilaient parce qu’elles étaient devenues des images bien nettes, les personnages bien vivants, je sentais l’odeur de la Kefta épicée de Mama et même les odeurs d’urines de la Gare de Saint Denis. Tous les bruits étaient devenus audibles, les cris, les pleurs, les détonations, les paroles de chaque chanson. J’entends encore la chanson de Tupac « Dear Mama », je suis émue et je pense à ces mères de familles qui impuissantes regardent tomber leurs gosses et à celles qui se battent et se sacrifient pour leur éviter l’enfer de la cité. A ma maman.

Blog de Rachid Santaki

2 Comments

  • Gwend0u 4 mai 2013 at 14:06

    J'adore les polars et les bouquins un peu sombre alors je pense que tu m'as convaincu. Maintenant que j'ai à nouveau un peu de temps je vais peut-être me mettre à cette lecture 🙂

    Reply
  • cajoline 4 mai 2013 at 20:28

    tu m'as donné envie de le lire moi… sa fait 7 ans déjà que j'ai quitté épinay sur seine , st denis pour partir vivre à la campagne avec mes enfants mais le 93 restera toujours dans mon coeur car malgrès tout se qu'on peut entendre c'était la famille, mais je ne regrette pas d'être partis …Bon,bon je m'égare,salut!!!!

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