« La femme qui voit de l’autre côté du miroir  » – Lumière sur l’obésité et la grossophie

Après le bouquin des vacances, il est temps de trouver son bouquin de la rentrée ! Quoi de mieux qu’un livre dans l’esprit « feelgood » pour démarrer ?! Ne cherchez plus, j’en ai un à vous conseiller…

« La femme qui voit de l’autre côté du miroir » un ouvrage qui surfe complètement sur l’actualité, sous forme d’une fiction contemporaine, il met en lumière des sujets de société tels que la grossophobie et l’obésité.

On y aborde, étonnement, les régimes très souvent voués à l’échec, le recours à la chirurgie bariatrique, mais aussi l’estime de soi, et le regard des autres. Certains passages soulèvent de façon très subtile et légère, des questions et de nombreux tabous, comme le harcèlement par exemple.

Une fois le bouquin fini, je me suis demandée si cet ouvrage est biographique, et si ce n’est pas le cas, il aurait pu l’être.  Le personnage principal, donc une femme en surpoids, y est décrit de la façon la plus simple, une femme complètement normale et humaine, sans être caricaturée, et c’est ce qui la rend touchante tout au long du récit.

 

« Les gens n’aiment pas les gros, ni ceux qui l’ont été. Ils en ont peur. Ils représentent exactement ce qu’ils craignent de devenir. Ce qu’il ne voudraient surtout pas être. »

 

Lucie est une jeune femme de 25 ans, prof d’anglais dans un collège en région parisienne, célibataire avec 30 kilos de trop. Ce surpoids de 30 kilos, qui la positionne, selon son IMC, en catégorie d’obésité morbide et ces 30 kilos, jugés « de trop » sont cette barrière qui la prive d’une vie heureuse, une vie normale.

A travers ce livre, on accompagne Lucile dans sa volonté de perdre du poids en ayant recours à la chirurgie bariatrique, dite aussi chirurgie de l’obésité. Tout commence par le repas d’anniversaire de ses 25 ans, un repas light préparé par sa mère où, en guise de cadeau, elle reçoit un vélo d’appartement dernier cri  » pour perdre du poids ».

D’ailleurs lorsque ses parents lui offrent ce vélo, elle se sent horriblement mal, après la crème fraîche light avec du riz blanc et du fromage blanc pour gâteau d’anniversaire, y’a de quoi, le message est clair ! C’est aussi l’occasion pour Lucie d’annonce à ses proches qu’elle va se faire opérer pour maigrir.

Persuadée que la chirurgie va changer sa vie, Lucie imagine déjà sa nouvelle sa nouvelle vie, bientôt elle sera mince mais avant cela, elle doit obtenir l’autorisation d’opération que seul le psychologue, qui intervient dans le cadre du processus d’une chirurgie bariatrique, peut valider.

Le jour J, l’entretien avec la psychologue prend une tournure totalement différente de ce qu’avait imaginé Lucie. Elle s’était préparée à ne pas en dire de trop, ne pas s’étaler sur sa vie, ni sur ses maux, quittera le cabinet, non pas avec son autorisation mais avec un rendez-vous pour un autre entretien avec la psy.

Au rendez-vous suivant, il n’y aura toujours pas d’autorisation signée… Décidément, cette psychologue a le don de la faire parler et met le doigt là ou ça fait mal et à Lucie, ça lui fait du bien d’évacuer ses émotions.

Alors se fera-t-elle opérer ou non ?

Sans le voir venir, ce suivi psychologique va permettre à Lucie d’identifier, petit à petit, les causes, autres que alimentaires, de son surpoids et son mal-être et c’est là où on entre dans l’intimité de Lucie.

 

« C’est elle aussi qui, d’une certaine manière, a choisi de régler ses problèmes de cette manière. Il faudra qu’elle aborde ce sujet-là avec sa psy. Qu’est-ce qui la pousse encore à jouer le personnage de la grosse ? Quelque, en fait, cet homme a raison, et c’est rassurant d’ailleurs de reconnaitre qu’elle garde un rôle dans son histoire, que tout ne dépend pas des autres.

Responsable mais pas coupable. »

 

On découvre une femme très critique et dure avec elle-même, une jeune femme qui souffre du regard des autres, fatiguée de subir les injures et injonctions sur son poids, des réflexions de ses parents, de sa mère en particulier et c’est là où son histoire résonne en nous…

 » Toujours ce sentiment d’illégitimité. (…)

Elle n’arrive pas à se débarrasser de cette crainte du jugement, de ne jamais être à sa place. »

 

On partage ses difficultés quotidiennes, professionnelles, familiales, sentimentale et sociales. Quelques rencontres, surtout celle avec son nouveau voisin, Kamel et avec lui, son entourage, vont lui permettre de réagir pour sortir de son malaise. S’ouvrir aux autres, sera le déclic.

Durant le récit, on comprend que la chirurgie bariatrique n’est que la moitié du chemin pour une perte de poids efficace et d’ailleurs il est démontré qu’une intervention est vouée à l’échec si on ne traite pas les causes psychologiques qui sont 80% voire 90% à l’origine de cette maladie. Alors oui, il n’y a aucune honte à avoir recours à la chirurgie de l’obésité et non, ce n’est une solution de facilité. Les gens n’imaginent même pas à quel point cette décision des difficiles à prendre.

Va-t-elle se faire opérer et perdre ses 30 kilos ?

C’est un livre percutant qui permet d’avoir enfin un autre regard sur la question de l’obésité et de la grossophobie, un livre chargé de messages bodypositive et plein d’espoir.

Cet ouvrage, paru aux éditions Eyrolles, est le fruit d’une collaboration entre Daphnée Leportois, une jeune journaliste qui aime écrire sur le corps et les tabous et Catherine Grangeard, psychanalyste spécialisée dans l’accompagnement des personnes en surpoids.

Bonne Lecture !

 

Sihem Reguieg

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.